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jeudi 15 décembre 2011

Bad weather

Si tu arrives juste là, maintenant, sans trop comprendre ce qu'il se passe, les 11 jours manquants sont ici, là, dans ce coin aussi, et puis un peu par là. Si malgré ça, tu ne sais toujours pas ce que tu fais ici, c'est que - voix grave - Google s'est trompé.
 
Jour 12 : Sea monsters

Ce matin, on se lève (relativement) tôt pour aller crapahuter sur les rochers de la péninsule de Kaikoura. Kaikoura, c’est un endroit connu de la côte Est néo-zélandaise : une conjonction de courants marins en fait un endroit particulièrement attirant pour nombre d’animaux marins, notamment des dauphins, baleines, cachalots, orques, otaries, et oiseaux de mer. Et il ne faut pas aller bien loin pour trouver une première colonie d’otaries à fourrures…

Au bout de la jetée, à marée basse : rochers, coquillages et crustacés. Jusque là rien de bien fou, ça rappelle même plutôt pas mal l'Atlantique.
À bien y regarder, les algues ont un look un peu bizarre quand même.
Un cormoran. Ici ils ont le ventre blanc, pourquoi pas.
Très vite, on tombe sur des colonies de red billed gulls : ça piaille, ça s'agite, et ça fait mine d'attaquer les promeneurs qui s'approchent un peu trop des nids. En plus des mouettes, on rencontre aussi (en moindre quantités) des sternes et des huîtriers.
Et finalement, des otaries ! La colonie est assez impressionnante (plusieurs centaines d'individus à vue de nez), et c'est a priori l'heure de la sieste : ça pionce un peu partout.

Vidéo rare (en cette matinée) d'une otarie qui BOUGE. Truc de dingue.

Au sommet de la falaise qui court le long de la côte, le paysage devient bien plus vert.
L'une des baies de la péninsule, vue d'en haut.
La plage principale de Kaikoura, de sable noir.
Un joli coucher de soleil, qui laisse même entrevoir quelques lambeaux de ciel bleu.
Pour l’après-midi, nous avions prévu une excursion en mer, pour rendre visite aux cétacés du coin, mais une trop grosse mer a raison de notre programme… tant pis.

Jour 13 : Téléportation

Aujourd’hui, grosse journée de transport, puisque nous changeons d’île (il est temps de s’intéresser un peu à l’île du Nord). Première partie : Kaikoura – Picton, en voiture. De là, nous prenons un ferry, qui nous fait traverser le détroit de Cook, et nous débarque à Wellington, la capitale. Pas le temps de s’y attarder (une autre fois, peut-être), puisqu’il nous reste le trajet Wellington – National Park à compléter… partis ce matin à 9h15, nous arrivons à destination à 20h50. Blarf dans les couchettes.

Et c'est bien évidemment au moment de quitter Kaikoura que le soleil s'y est montré.
Ca fait du bien de lâcher le volant quelques heures, le temps de la traversée.
Et vous pensiez que la route de la traversée serait quelconque ? Et non. Le chenal entre Picton et le détroit de Cook - sans commune mesure avec Milford Sound - est plutôt chouette.
"All hands to action stations, repeat..."
Encore un beau ciel de fin de journée.
Jour 14 : Tongariro

Une fois de plus, le climat nous fait des misères ce matin (mais en n’ayant reçu aucune goutte sur la côte Ouest de l’île du Sud, on a presque l’impression que c’est mérité) : nuages bas, visibilité assez pauvre, et rafales de vent. C’est dommage, parce que nous avions prévu de faire une grosse marche sur toute la journée pour traverser une grosse partie du Tongariro National Park, supposément la plus chouette marche d’une journée à faire en Nouvelle-Zélande (ils la vendent bien), mais aussi l’une des plus difficiles quand les conditions sont mauvaises… changement de plan une fois encore, on se contentera d’une petite marche en début d’après-midi, avant que la pluie ne se mette à tomber. Ce qu’elle fait assez vite. On espère que le temps se lèvera un peu demain, avant que l’on ne décolle vers notre prochaine étape.

Le Tongariro National Park contient trois volcans ; celui-ci (le seul à peu près visible aujourd'hui), c'est le mont Ngauruhoe (ça se prononce comme ça s'éternue). Avec un peu d'imagination et pas mal d'effets spéciaux, vous pourrez y reconnaître la Montagne du Destin.
Dans les bois, des fougères bizarres ressemblent à de petites araignées vertes quand elles se déplient.
Les strates du sol sont bien visibles au niveau des affleurements ; on suppose que les couches sombres marquent autant d'éruptions.
Encore une belle cascade, mais à travers de la lave solidifiée cette fois.

Le relief est très accidenté par endroits...
... et beaucoup plus plat à d'autres.

Des blocs de lave refroidis.
Et encore des plantes carnivores ! Ca tombe bien, on aime bien.

Jour 15 : ça sent le soufre

Le miracle du Mt Cook ne se répète pas, et ce matin, il flotte sévère… tant pis pour le Tongariro, une raison de plus de revenir dans le coin. On enchaîne donc directement vers notre prochaine escale, Rotorua, en espérant que ça se lève un peu… il paraît que toute l’île a sorti son parapluie ces derniers jours, mais sait-on jamais. Pas de photos ce coup-ci, car on en voit vraiment rien sur la route. On ne peut que la deviner magnifique, à en juger par la carte routière.
Arrivés sur place, force est de constater que ça ne s'arrange pas, ce sera donc un après-midi au musée, à s'instruire sur la culture maori. Quelques clichés en dépit du mauvais temps :

Le musée de Rotorua. Notez la colonie de mouettes sur la pelouse, qui manifestement préfère le gazon anglais aux rochers de Kaikoura.

Il flotte une étrange odeur de soufre à Rotorua, et pour cause : la ville est au cœur d'une zone géothermique. Les geysers y sont donc nombreux, et les sources d'eau thermale légion.

Assez incongru dans un jardin public.
Sur ce, à la prochaine !

dimanche 11 décembre 2011

Cold snap


Un petit coup de frais pour ce nouvel épisode de notre road trip chez les kiwis.

Jour 10 : Glacier country

Poursuivant notre remontée de l’île du sud, nous dévorons rapidement les derniers kilomètres qui nous séparent de Fox Glacier Village, depuis Haast, le long de la mer de Tasman. Après les vastes étendues sableuses de Haast, la ligne côtière s’élève rapidement en falaises de rocs découpées… nous revenons vers les montagnes. Fox Glacier Village, comme son nom l’indique (beaucoup de logique dans la nomenclature néo-zélandaise, vous l’aurez noté), est une ville champignon au pied du Fox Glacier, l’un des deux glaciers jumeaux de la région des glaciers (son frère étant le Franz Josef glacier, un peu au Nord). Le temps est clair, notre agenda est – pour une fois – assez lâche, et nous avons envie de voir le géant de glace d’un peu plus près…

Le pays d'Haast, c'est tout plat le long de la mer...

... mais ça change très vite quand on remonte vers le Nord.

Ce charmant animal (qui rappelle beaucoup notre poule d'eau), c'est un pukeko ; c'est aussi la petite déception du jour : l'apercevant de la voiture, nous l'avons pris pour un légendaire takahé, un oiseau emblématique de la Nouvelle-Zélande dont la population actuelle n'excède pas 300 individus... pour notre défense, c'est son plus proche cousin.

Le point pique nique du jour, dans une forêt pluviale.

Et sa vue, le Fox Glacier.

Dans la vallée glaciaire, le travail de la glace sur les parois rocheuses est assez visible (et impressionnant).

Lui, c'est le kéa, un perroquet de montagne endémique de Nouvelle-Zélande (et un animal assez cool par ailleurs) ; très populaire chez les randonneurs, à qui il quémande de la nourriture.

Fox Glacier, d'un peu plus près.

Le "terminal" du glacier, c'est à dire sa "tête" : un bon gros chaos de glace et de roche.

Marcher sur un glacier, c'est un truc qu'on n'avait pas encore essayé ; l'occasion était trop belle pour ne pas la saisir. Le temps d'installer des crampons à glaces, et on est parti (avec un guide, hein, pas complètement givrés non plus - hoho, givrés, blague).

Le sol : de la glace (bleutée, et légèrement translucide - ce qui ne se voit pas sur la photo), et des débris de roches arrachés par le glacier, ou qui lui sont tombés dessus.

Par endroits, et pour diverses raisons, la glace fond et crée des cavités, parfois assez profondes.

N'ont-ils pas fière allure, ces explorateurs ?

Plus on s'approche des bords, plus les crevasses sont fréquentes.

La vallée glaciaire, vue depuis le glacier.

Et il est temps de repartir. Sans surprise, il fait VRAIMENT plus froid sur le glacier que sur la montagne aux alentours.
Nous rejoignons ensuite la ville de Franz Josef Glacier Village, où nous passons la nuit. Trop de glace pour la journée, le Franz Josef Glacier attendra.

Jour 11 : Coast to coast

Une longue journée de voiture nous attend aujourd’hui : nous quittons la côte Ouest, et avec elle les Alpes du Sud, pour la côte Est, avec en ligne de mire Kaikoura. La route est longue, mais nous prenons le temps de rendre visite au Franz Josef Glacier avant de partir.

Le Franz Josef Glacier. Oui, on aime bien les glaciers.

Sur la route, c'est beau, etc.

La récompense, enfin : Kaikoura, et l'océan Pacifique !
La suite très bientôt, stay tuned.

dimanche 3 octobre 2010

Perhentian Islands

Comme le fait très justement remarquer un dicton populaire : "quand y'en n'a plus, y'en a encore". Car voilà, après la chouette balade des Barbi à Bali, voici venu le billet relatant l'épique semaine glandouille des Moreau aux Perhentian. Petite parenthèse géographique : les Perhentian sont un groupe de deux îles situé au Nord-Est de la Malaisie, réputé pour une nature restée authentique (pour le moment) en dépit d'un succès touristique fracassant. L'endroit est une réserve naturelle, autant dire qu'à part lézarder sur le sable est faire coucou aux poissons, les activités du coin sont très limitées. Et ça tombe plutôt bien, parce qu'on ne compte pas atteindre des sommets de productivité. Passons sans plus attendre à la présentation des personnages :

Dans la famille Moreau je demande le père, dit Jéjé, et la mère, dite Annie...

... ainsi que la sœur, dite Aurel', arborant pour l'occasion son fameux sourire machiavélique de circonstance.

Mais le droit de poser sa serviette sous un cocotier se mérite : le périple pour atteindre les deux îles est loin d'être évident. La première étape consiste à rejoindre Kuala Lumpur, puis à y prendre un avion vers Kota Bahru, capitale de l'état malaisien du Kelantan... de là, il faut ensuite rejoindre l'embarcadère de Kuala Besut situé 60 kilomètres au sud de Kota Bahru, pour y sauter dans un des bateaux rapides assurant la liaison vers les îles, pour enfin poser sa sandale dans l'eau claire de Perhentian Besar, la plus grande des deux îles, où nous avons choisi de jeter nos sacs à dos. Cet itinéraire nous ayant pris deux jours, nous avons donc passé une nuit à Kota Bahru, l'occasion de prendre un grand bol de culture malaisienne, et un grand plongeon dans l'islam, omniprésent dans cette ville qui aime à se considérer comme la capitale islamique en Malaisie.

Le petit détail qui montre que nous sommes bien en terre islamique : chaque chambre d'hôtel a sa petite flèche vers la Mecque.

 L'astuce du jour : il ne faut pas réserver une chambre en face d'une mosquée la veille d'un jour saint. Non, il ne faut pas.

Petite dédicace au passage au personnel de l'hôtel, qui secoue les mains de panique quand on lui parle anglais... les bases linguistiques acquises en Indonésie n'auront pas été vaines. Une petite pensée émue également pour une sympathique petite échoppe de quartier, où nous perdîmes la quasi-totalité de nos papilles gustatives lors d'une rencontre du troisième type avec des éléments de la gastronomie locale, dont la concentration en piment dépasse l'entendement (pour nous en tout cas, pauvres petits occidentaux fragiles).

C'est donc après un voyage assez dépaysant en soi que nous débarquons enfin sur Pulau Besar (littéralement "grande île"), je vous laisse vous faire une première impression :

Mmm, bon. Voilà qui nous confirme que "surmenage" et "hyperactivité" ne seront pas des mot-clefs adaptés à la description de ce séjour.

Le temps de jeter nos valises dans un bungalow à moitié dans la jungle, et plouf, masque et tuba, direction la flotte. Je n'ai hélas pas eu l'occasion (ou la présence d'esprit, ça marche aussi) de m'équiper pour prendre des photos sous l'eau... et c'est bien dommage : poissons perroquets, poissons clowns, balistes, poissons anges, anémones de mer, raies, requins de récif, énormes bancs de poissons, et à l'occasion une tortue, batifolent au milieu des coraux et rochers à 10 mètres du bord... c'est en grande partie pour cette raison que nous sommes venus ici, nous ne sommes pas déçus. L'exploration de récifs nous occupera la majeure partie du temps de notre séjour. Mais il n'y a pas que sous l'eau que l'on fait des rencontres intéressantes. L'île étant en majeure partie couverte de jungle, on y trouve moult bestioles, citons en vrac :

Des petits lézards.

Des gros lézards (pour info ce varan - qui profite de la plage, y'a pas d'raison que ce soit toujours les mêmes qui s'amusent - mesurait en gros 1,50 mètre).

 
Des gros lézards en embuscade dans les cocotiers (on n'est à l'abri nul part).

Sans oublier Bobo, l'iguane apprivoisé d'un centre de plongée du coin. Dites bonjour à Bobo.

Des grenouilles qui se prennent pour des Batmobiles.

 
Et des petits singes, nettement plus sympas que les macaques qui pullulent à Singapour, car moins accoutumés à la présence humaine.

La majeure partie de l'île étant couverte de jungle(note d'AP : quand on dit la jungle c'est la vraie, celle qui fascine et qui fait un peu peur, ici aucune route ou voiture), le seul moyen de se déplacer d'une plage à l'autre est le taxi-boat : le meilleur moyen de trouver des plages vraiment désertes (oui, ça existe).

Un taxi-boat, et son flambant équipage.

Aurélie expérimente le concept de "plage de rêve", sur Turtle Beach.

 On n'est pas mal, là ? Ouais.

Le pourquoi du comment du nom de l'endroit : la nuit venue, des tortues de mer viennent y pondre...

La jungle n'est jamais très loin.

Annie encerclée par des poissons pilotes... pas de petits agressifs en vue. Pour le moment.

En bref, un endroit pour le moins sympathique... en espérant que ces quelques photos vous auront regonfler le moral pour affronter l'automne, à la prochaine.